Chez 3AR, nous avons à coeur de mettre en lumière des acheteurs publics engagés dans des pratiques d’achats durables. Des témoignages d’exemplarité qui pourront inspirer d’autres acheteurs publics de Nouvelle-Aquitaine à se lancer dans des démarches similaires.
Découvrez le portrait et le retour d’expérience de Sylvie Dupoirier, Directrice Achats Moyens généraux à Grand Poitiers Communauté Urbaine ⤵️

« L’adhésion aux réseaux d’acheteurs est la manifestation de l’intérêt des institutions à l’achat public et à la commande publique. C’est un formidable outil de partage d’informations, d’échanges de pratiques, d’ouverture sur ce que font « les autres ». C’est aussi un excellent moyen de fédérer les équipes, notamment les acheteurs autour d’un projet commun. »
– Sylvie Dupoirier –
▶ Vous êtes engagée pour une commande publique durable depuis de nombreuses années déjà. Quel a été votre parcours pour en arriver là ?
🎙️ Sylvie Dupoirier : Voici 25 ans (!) que j’exerce des responsabilités dans le monde des achats et de la commande publique. Ce monde a considérablement évolué, d’une vision essentiellement juridique (un peu restrictive) à une vision politique et stratégique. Les champs de la commande publique sont infinis : la professionnalisation des acheteurs, la nouvelle place de la fonction achat, la mutualisation et la création de notre centrale d’achats en 2017, le délai global de paiement des entreprises, les réseaux professionnels avec les entreprises locales, les économies à rechercher via l’optimisation des processus, et maintenant l’économie circulaire, la sobriété, la biodiversité… J’ai toujours été très sensibilisée au développement économique local de par ma formation initiale et à la mesure de l’impact de la commande publique sur le territoire. La commande publique responsable était une évidence voire un aboutissement.
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▶ Comment êtes-vous arrivée au sujet de l’achat responsable en tant que tel ?
🎙️ Sylvie Dupoirier : Je l’ai plutôt très vite abordé sous l’angle social avec la mise en place des clauses d’insertion sociale pour lesquelles j’ai toujours été très engagée. Je trouvais enthousiasmant de se dire qu’on pouvait contribuer directement à l’amélioration de la vie des habitants grâce aux marchés publics. Nous avons également très tôt mis en place une politique volontariste en matière de produits d’entretien respectueux de l’environnement mais aussi respectant les agents travaillant dans les établissements et le public les fréquentant.
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▶ Quel est le rôle d’une directrice de la commande publique dans l’élaboration et le pilotage d’un SPASER ? Quel conseil donneriez-vous à un acheteur public en phase de lancer et piloter son SPASER ?
🎙️ Sylvie Dupoirier : On a mis du temps pour le faire, c’est un vrai travail d’équipe, il a fallu se donner les moyens humains pour le réaliser, identifier la bonne personne qui portera techniquement ce projet. Un soutien politique fort est indispensable pour pouvoir emmener les services et les équipes. Il faut se reposer sur les personnes déjà convaincues, se fixer des limites et des indicateurs atteignables. Un SPASER peut se modifier, s’amender au fil du temps, il suit la maturité achats de l’institution.
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▶ Parlez-nous d’un marché exemplaire que vous avez suivi de près dans votre collectivité.
🎙️ Sylvie Dupoirier : Mon préféré est sans conteste l’Accord-cadre (AC) réservé qui comporte aujourd’hui 21 lots réservés aux structures de l’ESS. C’est un magnifique AC qui est le résultat d’un travail d’équipe : l’acheteuse, la facilitatrice, la juriste marchés publics, le responsable achat qui ont su susciter l’implication des directions consommatrices, ont formé aux marchés publics les entreprises de l’ESS et ont obtenu l’adhésion des structures de l’ESS qui se sont professionnalisées tant du point de vue de leur cœur de métier que du point de vue de la réponse aux marchés publics. Cet AC évolue avec le temps, il comporte de nouveaux lots au gré de l’apparition sur le territoire de nouveaux acteurs. Il rencontre un grand succès auprès des adhérents de notre centrale d’achats, le chiffre d’affaires des structures est en constante progression.
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▶ Que souhaiteriez-vous dire aux acheteurs publics de Nouvelle-Aquitaine qui veulent eux aussi s’engager dans des pratiques d’achats durables ?
🎙️ Sylvie Dupoirier : Plus généralement la place de la fonction achat doit évoluer au sein des organisations qui doivent pouvoir s’adapter et créer un milieu favorable. Il faut s’appuyer sur celles et ceux qui ont l’envie, le goût, la volonté d’aller vers ses nouvelles pratiques et leur faire la place nécessaire, les encourager, les citer en exemple. Un soutien politique et de la Direction générale est indispensable, l’adoption d’une politique d’achats peut aussi être un bon moyen de fédérer.
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▶ Vous avez intégré le Réseau 3AR ces dernières années, et avez fait partie des premiers acheteurs engagés dans le RESECO (anciennement RGO). Quel regard portez-vous sur les réseaux de l’achat public responsable aujourd’hui ? Que venez-vous chercher dans ce réseau en particulier ?
🎙️ Sylvie Dupoirier : L’adhésion aux Réseaux d’acheteurs est la manifestation de l’intérêt des institutions à l’achat public et à la commande publique. C’est un formidable outil de partage d’informations, d’échanges de pratiques, d’ouverture sur ce que font « les autres ». C’est aussi un excellent moyen de fédérer les équipes, notamment les acheteurs autour d’un projet commun. Le Réseau 3AR est aujourd’hui un instrument incontournable pour l’accès facilitant à l’information, l’amélioration de nos pratiques d’achats durables, sur la professionnalisation des acheteurs, le partage des informations et des pratiques et une certaine proximité qui nous rapproche, nous, les acheteurs publics.
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