Dans le cadre de la mise en Ĺ“uvre de la mesure 45 du 3ème Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 3), La Direction des Achats de l’Etat (DAE) organisait ce jeudi 25 juin une Capsule 40 dĂ©diĂ© Ă la sensibilisation des acheteurs publics sur l’adaptation au changement climatique, avec un focus sur le secteur du bâtiment.
🚨 Un contexte d’urgence climatique
En introduction, Lucie SĂ©nĂ©chal de la Direction GĂ©nĂ©rale de l’Énergie et du Climat (DGEC) a rappelĂ© que les effets du changement climatique sont dĂ©jĂ Ă l’Ĺ“uvre : vagues de chaleur, inondations, submersions marines, sĂ©cheresses, incendies ou encore retrait-gonflement des argiles vont continuer Ă s’intensifier dans les dĂ©cennies Ă venir.
Face Ă cette situation, le 3ème Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) vise Ă prĂ©parer la France aux conditions climatiques attendues Ă l’horizon 2050 et 2100. Il rassemble près de 200 mesures qui mettent l’accent sur les solutions Ă co-bĂ©nĂ©fices ; c’est-Ă -dire des solutions d’adaptation bĂ©nĂ©fiques Ă la prĂ©servation de la biodiversitĂ© et Ă la diminution des Ă©missions de GES.
Et pour la commande publique ? La mesure 45 du PNACC 3 prĂ©voit de mobiliser davantage la commande publique au service de l’adaptation, notamment en dĂ©veloppant des outils et des mĂ©thodes pour intĂ©grer ces enjeux dans les achats publics.
Découvrir la mesure 45 du PNACC
🏢 L’immobilier public en première ligne
Romain Gorge, expert climat Ă la Direction de l’Immobilier de l’État, a ensuite soulignĂ© que les bâtiments publics (bureaux, tribunaux, musĂ©es, prisons, laboratoires, hangars, etc.) sont particulièrement exposĂ©s aux consĂ©quences du dĂ©règlement climatique. Les Ă©pisodes de chaleur extrĂŞme, les risques d’inondation (avec le recul du trait de cĂ´te imminent) ou encore les tensions sur les rĂ©seaux Ă©nergĂ©tiques pourraient affecter durablement la continuitĂ© des services publics. L’adaptation n’est donc pas seulement un enjeu de confort, mais pose de vĂ©ritables problĂ©matiques sanitaires, Ă©conomiques, et en termes d’autonomie.
Il a mis en avant la nĂ©cessitĂ© d’adopter une approche systĂ©mique de l’adaptation : les bâtiments ne peuvent ĂŞtre pensĂ©s indĂ©pendamment des rĂ©seaux, des infrastructures, des approvisionnements ou des usages qu’ils accueillent. Les solutions techniques mises en avant pour palier aux effets des dĂ©règlements climatiques ne sont pas toujours les plus viables : si ces solutions reposent sur des chaĂ®nes de valeur complexes, elles seront probablement impactĂ©es, elles aussi, par les changements climatiques.
Pour Romain Gorge, le double objectif de l’adaptation aux changements climatiques, c’est prĂ©server et garantir la stabilitĂ© : « Nos stratĂ©gies vont consister Ă refaire le dĂ©jĂ -lĂ ; on va pas tout refaire. » L’adaptation reposerait ainsi sur une combinaison d’actions « dures » (travaux, amĂ©nagements, Ă©quipements) et d’actions « douces » (organisation, gestion des usages, Ă©volution des pratiques).
Si la Direction de l’Immobilier de l’Etat proposera bientĂ´t un plusieurs outils pour aider Ă l’adaptation (Kit d’adaptation, doctrine sur la prise en compte des changements climatiques); Romain Gorge incite Ă l’action dès maintenant : « N’attendez pas d’avoir des outils ou des mĂ©thodes pour vous poser des questions dans toutes vos dĂ©cisions. »
💡Quelles solutions pour dans le secteur du bâtiment ?
Caroline Bouteloup (CSTB) a prĂ©sentĂ© plusieurs solutions techniques permettant de limiter les risques liĂ©s aux surchauffes estivales et aux Ă©pisodes de grĂŞle, dont la frĂ©quence et l’intensitĂ© devraient augmenter.
Il y a notamment les livrables du projet RENOPTIM disponibles sur le site du CSTB.
Caroline Bouteloup a insistĂ© sur le fait qu’il convient de privilĂ©gier autant que possible les solutions passives et les mesures organisationnelles avant de recourir Ă des Ă©quipements plus lourds et plus coĂ»teux.
Elle a aussi mis en avant le coĂ»t de l’inaction : « Sans adaptation, le pays risque de perdre 10% du PIB par an. Sinon, c’est 2,3 milliards par an qu’il faudrait investir. Concrètement ça coĂ»te 10 fois moins cher de mettre en place des mesures d’adaptation que de palier aux consĂ©quences des alĂ©as climatiques sur les bâtiments. » La contrainte budgĂ©taire ne saurait justifier l’inaction climatique.
🎬 Un enjeu pour les acheteurs publics
Le message adressĂ© aux acheteurs publics est clair : l’adaptation au changement climatique ne concerne plus uniquement les politiques environnementales. Elle doit progressivement devenir un rĂ©flexe dans les dĂ©cisions d’achat et d’investissement.
Les supports et le replay seront accessibles prochainement