🌡️ Il fait chaud ! Et si l'achat public devenait un levier d'adaptation au changement climatique ? - 3AR

🌡️ Il fait chaud ! Et si l’achat public devenait un levier d’adaptation au changement climatique ?

La carte de l’Europe le 24 juin 2026. – © Sabrina Blanchard / AFP (Source : Reporterre)

Dans le cadre de la mise en œuvre de la mesure 45 du 3ème Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 3), La Direction des Achats de l’Etat (DAE) organisait ce jeudi 25 juin une Capsule 40 dédié à la sensibilisation des acheteurs publics sur l’adaptation au changement climatique, avec un focus sur le secteur du bâtiment.

🚨 Un contexte d’urgence climatique

En introduction, Lucie Sénéchal de la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC) a rappelé que les effets du changement climatique sont déjà à l’œuvre : vagues de chaleur, inondations, submersions marines, sécheresses, incendies ou encore retrait-gonflement des argiles vont continuer à s’intensifier dans les décennies à venir.

Face à cette situation, le 3ème Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3) vise à préparer la France aux conditions climatiques attendues à l’horizon 2050 et 2100. Il rassemble près de 200 mesures qui mettent l’accent sur les solutions à co-bénéfices ; c’est-à-dire des solutions d’adaptation bénéfiques à la préservation de la biodiversité et à la diminution des émissions de GES.

Et pour la commande publique ? La mesure 45 du PNACC 3 prévoit de mobiliser davantage la commande publique au service de l’adaptation, notamment en développant des outils et des méthodes pour intégrer ces enjeux dans les achats publics.

👉 Découvrir la mesure 45 du PNACC

🏢 L’immobilier public en première ligne

Romain Gorge, expert climat à la Direction de l’Immobilier de l’État, a ensuite souligné que les bâtiments publics (bureaux, tribunaux, musées, prisons, laboratoires, hangars, etc.) sont particulièrement exposés aux conséquences du dérèglement climatique. Les épisodes de chaleur extrême, les risques d’inondation (avec le recul du trait de côte imminent) ou encore les tensions sur les réseaux énergétiques pourraient affecter durablement la continuité des services publics. L’adaptation n’est donc pas seulement un enjeu de confort, mais pose de véritables problématiques sanitaires, économiques, et en termes d’autonomie.

Il a mis en avant la nécessité d’adopter une approche systémique de l’adaptation : les bâtiments ne peuvent être pensés indépendamment des réseaux, des infrastructures, des approvisionnements ou des usages qu’ils accueillent. Les solutions techniques mises en avant pour palier aux effets des dérèglements climatiques ne sont pas toujours les plus viables : si ces solutions reposent sur des chaînes de valeur complexes, elles seront probablement impactées, elles aussi, par les changements climatiques.

Pour Romain Gorge, le double objectif de l’adaptation aux changements climatiques, c’est préserver et garantir la stabilité : « Nos stratégies vont consister à refaire le déjà-là ; on va pas tout refaire. » L’adaptation reposerait ainsi sur une combinaison d’actions « dures » (travaux, aménagements, équipements) et d’actions « douces » (organisation, gestion des usages, évolution des pratiques).

Si la Direction de l’Immobilier de l’Etat proposera bientôt un plusieurs outils pour aider à l’adaptation (Kit d’adaptation, doctrine sur la prise en compte des changements climatiques); Romain Gorge incite à l’action dès maintenant : « N’attendez pas d’avoir des outils ou des méthodes pour vous poser des questions dans toutes vos décisions. »

💡Quelles solutions pour dans le secteur du bâtiment ?

Caroline Bouteloup (CSTB) a présenté plusieurs solutions techniques permettant de limiter les risques liés aux surchauffes estivales et aux épisodes de grêle, dont la fréquence et l’intensité devraient augmenter.

Il y a notamment les livrables du projet RENOPTIM disponibles sur le site du CSTB.

Caroline Bouteloup a insisté sur le fait qu’il convient de privilégier autant que possible les solutions passives et les mesures organisationnelles avant de recourir à des équipements plus lourds et plus coûteux.

Elle a aussi mis en avant le coût de l’inaction : « Sans adaptation, le pays risque de perdre 10% du PIB par an. Sinon, c’est 2,3 milliards par an qu’il faudrait investir. Concrètement ça coûte 10 fois moins cher de mettre en place des mesures d’adaptation que de palier aux conséquences des aléas climatiques sur les bâtiments. » La contrainte budgétaire ne saurait justifier l’inaction climatique.

🎬 Un enjeu pour les acheteurs publics

Le message adressé aux acheteurs publics est clair : l’adaptation au changement climatique ne concerne plus uniquement les politiques environnementales. Elle doit progressivement devenir un réflexe dans les décisions d’achat et d’investissement.

👁️ Pour aller plus loin

🎥 Vous pouvez accéder au replay de la Capsule 40’ ici

👉 Vous trouverez le support de présentation dans notre Centre de ressources. Il est accompagné d’une FAQ en fin de document ainsi que les liens vers les différentes ressources.

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