Une journée "Biodiversité et Achats Publics" à Saint-Médard-en-Jalles 🐝 - 3AR

Une journée « Biodiversité et Achats Publics » à Saint-Médard-en-Jalles 🐝

Ce jeudi 5 février, la Ville de Saint-Médard-en-Jalles a accueilli une journée d’échanges sur la prise en compte de la biodiversité dans les achats publics. Elle était organisée dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) Biodiversité et Achats publics soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine et piloté par 3AR avec l’appui technique de l’Agence Régionale de la Biodiversité (ARB NA). Entre interventions variées, retours d’expérience et visite de terrain, retour sur une journée qui a marqué les esprits par son approche concrète et inspirante.

🐨Une matinée rythmée par des interventions variées

La journée s’est ouverte avec les interventions de Cécile Marenzoni (élue à Saint-Médard-en-Jalles), de Patrick Guillemoteau (conseiller régional et administrateur du Réseau 3AR) et de Baptiste Regnery (ARB NA) qui ont dessiné les contours des enjeux pour la biodiversité et les achats publics : l’importance de travailler en transversalité, le levier que représentent les politiques achats tels que les Schémas des Achats Socialement et Écologiquement Responsables (SPASER) et l’importance de sensibiliser les services à la biodiversité.

Gilles Boeuf, éminent scientifique expert de la biodiversité et conseiller régional en charge du programme « One Health », a ensuite dressé un état des lieux de la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine et dans le monde. Il a rappelé l’interdépendance entre les humains et le vivant, tout en alertant sur le recul des réglementations environnementales et la diminution de l’influence des scientifiques et des associations environnementales dans la définition des politiques de protection de la biodiversité. Il a rappelé, non sans humour, que nous partageons un tiers de notre ADN avec le plancton et deux tiers avec une banane : une façon de souligner que notre santé dépend intimement de celle du vivant !

Olivier Brousseau, chargé de mission Biodiversité (Région Nouvelle-Aquitaine) a ensuite présenté la Stratégie Régionale pour la Biodiversité en Nouvelle-Aquitaine (SRB NA) adoptée en 2022 pour la période 2023-2032 comportant une action spécifique sur la commande publique. La SRB NA a vocation à être déclinée dans les stratégies territoriales, et notamment à alimenter d’autres grands schémas comme le SPASER.

Le cadre réglementaire pour les achats publics et la biodiversité a ensuite été présenté par Céline Latour, chargée de missions Achats responsables (3AR). Flora Vigreux, cheffe du service Commande Publique à l’Office Français de la Biodiversité (OFB), a partagé son expertise sur l’intégration de la biodiversité dans les achats publics. Elle est revenue sur la genèse de la loi Climat et Résilience (août 2020) et sur comment celle-ci a renforcé la dynamique d’intégration du développement durable dans les marchés publics avec à partir du 22 août 2026, l’obligation pour les acheteurs publics d’intégrer des considérations environnementales dans 100% de leurs marchés. Au sein de l’OFB, la démarche achats responsables passe par la mutualisation des achats, la systématisation des questionnements sur les besoins et l’intégration de labels.

Enfin, Émilie Paties, chargée de mission Achat public durable (Région Nouvelle-Aquitaine) et Margot Poletti, chargée de projets Achats responsables (3AR) ont présenté le projet de vademecum dédié à la prise en compte de la biodiversité dans les marchés publics, un outil clé pour guider les collectivités.

🌲Des tables-rondes en début d’après-midi avec des retours d’expériences concrets

Après la pause déjeuner, trois tables rondes ont permis d’échanger sur des cas pratiques de prise en compte de la biodiversité :

Sur la stratégie achat, Fabien Billet (Bordeaux Métropole), Ashley Braun et Célia Monnet (Ville de Saintes) ont identifié les familles d’achats prioritaires au vu de leurs impacts sur la biodiversité et de leurs volumes d’achat en se basant sur l’outil ENCORE et ont ensuite identifié des leviers pour réduire ces impacts dans leurs marchés. Ce travail, mené en priorité sur les marchés de construction et de voirie (Bordeaux Métropole) et ceux d’AMO, de prestations intellectuelles et d’informatique (Ville de Saintes) alimentera les prochaines stratégies achats de chacune des structures.

Sur les achats en restauration collective, Damien Cedro (Ville d’Aixe-sur-Vienne) a défini des clauses et critères favorables à la biodiversité dans un marché de denrées alimentaires en se basant sur les leviers identifiés pour réduire les impacts sur la biodiversité (grâce notamment à l’outil Agribalyse). A retenir : 4 lots bio sur un total de 11 lots, la rédaction d’un guide interne sur les produits et leurs impacts sur la biodiversité, la prise en compte des conditions de production et la valorisation des approvisionnements directs et de saison. Élisa Royer (INTERBIO Nouvelle-Aquitaine) est quant à elle revenue sur la plus-value du label Agriculture Biologique (AB) pour la biodiversité qui favorise la rotation des cultures, limite les intrants chimiques, interdit l’utilisation des engrais chimiques et de synthèse et permet une plus grande diversité génétique.

Sur les opérations d’aménagement et de travaux, Marie-Élise Sénac et Fred André (bailleur Domofrance), Valentin Désiré et Lisa-Marie Phostein (Ville de Saint-Médard-en-Jalles) et Sylvie Dupoirier (Grand Poitiers) ont présenté les initiatives mises en place en faveur de la biodiversité : le projet de la Maison de la Petite Enfance (Saint-Médard-en-Jalles) intégrant des ambitions fortes pour la biodiversité et qui s’inscrit dans la démarche Bâtiments Durables en Nouvelle-Aquitaine (BDNA), la charte chantier propre, la systématisation des clauses environnementales dans les marchés dont prochainement celles relatives au réemploi des matériaux (Domofrance) et la démarche d’interconnaissance des équipes nature et juridique/achats pour anticiper et intégrer les enjeux de biodiversité dans les marchés (Grand Poitiers).

🍂 La visite d’un site exceptionnel en fin de journée

La journée s’est clôturée par une visite apprenante de l’espace naturel Dupérier : un site de 8 hectares resté fermé au public pendant presque 100 ans récemment acquis par la commune. Voisin de l’ancienne Poudrerie Royale (puis Nationale) de 1660 aux années 1990, le site se trouve aujourd’hui à proximité d’un site industriel consacré à l’aérospatial et la défense militaire. Une réflexion est en cours sur la gestion de cet espace, actuellement classé Zone de Préemption au titre des Espaces Naturels Sensibles (ZPENS), à laquelle est impliquée l’ensemble des acteurs de la commune (habitants, sylviculteurs, chasseurs, élus, agents, etc.).

Enfin, nous avons pu admirer la façade végétalisée apposée sur une résidence Rue Jean Jaurès, en plein centre de la commune. Elle permet d’atténuer l’augmentation des températures en période de canicule (abaissées de plusieurs degrés d’après des relevés réalisés sur la façade !) et d’offrir ainsi un espace de rafraichissement aux riverains.

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